Je pense qu’on a toutes nos petites faiblesses, certaines qu’on ose pas dévoiler, parce qu’après des années de pratique et au prix de nombreux échecs cette dextérité chèrement acquise ne souffre aucun défaut visible, aucune faille apparente.
J’ai commencé à coudre très tôt, je dirais que j’étais encore à l’école primaire quand ma mère me laissait prendre ses aiguilles et ses chutes pour fabriquer de petites pochettes en tissu ou des vêtements pour mes « poupées mannequin ».
J’ai eu ma première machine à 14 ans, et plus d’une fois je suis arrivée en retard au lycée parce que je profitais de la récré pour filer au marché m’acheter du tissu (retard toléré par les professeurs qui connaissaient ma passion pour la couture, et qui étaient parfois même curieux de savoir ce que j’avais acheté ce jour-là).
J’ai eu mon entreprise de création de vêtements. Comme je vous le disais hier, elle n’a pas survécu aux soucis personnels rencontrés à cette période là, mais soit, j’ai tenu plus de deux ans, quand même.
Et cette année, je passe mon CAP couture. Une démarche qui m’aura pris de nombreuses années de réflexion, mais ça y est, c’est fait…
Et pourtant il y a toujours des jours ou je me sens tellement nulle!
Vous connaissez ça, aussi?
Il y a des jours où j’échoue sur un ourlet, sur une difficulté minime, et par dessus tout, il y a des choses que je rate systématiquement. Des problèmes insolubles, des techniques qui ne veulent pas me rentrer dans le crâne.
Prenez le cas des boutonnières. Je vous parlais de Kryptonite, dans le titre de l’article, les boutonnières en font partie. J’ai eu beau coudre des chemises et des vestes, le moment où j’arrivais aux boutonnières était celui des doutes et des sueurs froides. Parce qu’en plus cette étape survenait à la fin, une fois la pièce assemblée, quasi terminée, et rater à ce moment-là signifiait rater le vêtement. Bon, j’aurais très bien pu les faire avant, mais qu’importe, combien de fois j’ai du tenter une réparation de dernière minute pour réparer mes erreurs…
Alors j’avais envie de le dire, aujourd’hui, j’avais envie d’en parler, parce qu’il y a des jours ou j’ai l’impression d’être plus débutante qu’autre chose, l’impression de ne pas mériter ma place dans cette communauté, des jours où un fichu syndrome de l’imposteur refait son apparition.
Ça ne dure pas, mais ça arrive. Alors si vous aussi vous vous êtes reconnues, n’hésitez pas à persévérer et à vous dire qu’au final ça ne durera pas.
Croyez juste en vous et en ce que vous faites.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *